jeudi, 06 octobre 2011

Discours Luc Bérille

Vous trouverez ci-joint le discours prononcé par notre secrétaire général Luc Bérille lors de notre meeting régional sur le thème de la fonction publique...


Mesdames, Messieurs, chers amis,

Bonjour à vous toutes et à vous tous. Je voudrais, en premier lieu, vous dire le plaisir que j’ai d’être avec vous aujourd’hui.

Ce plaisir est double : c’est d’abord celui de pouvoir vous rencontrer ici, directement, car je crois que c’est la fonction d’un responsable syndical d’être au contact direct des salariés et des citoyens, ou, tout au moins, c’est ainsi que nous le concevons à l’UNSA.

Mais c’est aussi le plaisir de pouvoir nous réunir pour parler d’un bien commun à tous les citoyens, pour parler d’une de ces rares institutions qui, pour traiter votre situation, ne commencera pas par vous demander de décliner si vous êtes puissant ou misérable, pauvre ou riche. Une de ces rares institutions qui, dans notre société minée par les inégalités et des difficultés croissantes, est encore conçue pour traiter chacun à égalité de droits, non pas donc parce que chacun sera riche ou pauvre, sera du nord ou du sud, noir ou blanc, femme ou homme, sera croyant ou non croyant, ou que sais-je encore… Non ! Une de ces rares institutions devant traiter chacun au-delà de ses spécificités, car chacune ou chacun a ceci de commun qu’il est d’abord un citoyen, c’est-à-dire un sujet à égalité de droits.

Cette institution dont je veux vous parler, c’est, bien sûr, le Service Public, avec les femmes et les hommes qui le servent, c’est-à-dire la Fonction publique. Elle peut être d’Etat, hospitalière ou territoriale, peu importe. Sous toutes ces appellations, elle est la traduction d’une forme particulière d’organisation de la société dont la France a choisi de se doter et qui s’appelle la République. Alors, oui, je sais, j’utilise de grands mots mais ils désignent des réalités bien simples et très concrètes de notre vie à tous.

Le Service Public, c’est, par exemple, ce qui m’est arrivé, il y a à peine quelques semaines, lorsque, rentrant chez moi un dimanche, en début de soirée, j’ai trouvé une femme que je ne connaissais pas, étendue sur un trottoir, victime d’un malaise, et se plaignant de douleurs fortes dans la cage thoracique. La solidarité humaine élémentaire, c’est moi qui, tout simplement, comme vous l’auriez sans doute fait, me suis arrêté pour l’aider. Le Service Public, c’est ensuite, lorsque je compose le 18 sur mon téléphone portable et qu’une dizaine de minutes plus tard à peine, la camionnette des pompiers arrive. Les premières paroles de réconfort que lui a adressées le pompier qui l’a prise en charge étaient médicales pour tenter d’apprécier rapidement son état de santé, avant de la transporter aux urgences de l’hôpital (là encore, le Service Public…). De ses opinions politiques, de ses croyances religieuses ? Il n’en a pas été question. Pas plus que du montant de son compte en banque, autrement dit de sa capacité à régler des frais. Non, aucune condition pour lui porter secours autre que la nécessité de son état de santé. Etait-elle cadre supérieure, employée de bureau, commerçante, ouvrière, PDG ou sans emploi ? Pouvait-elle se recommander d’un ministre, d’un journaliste connu ou de personne en particulier ? Peu importe. Dans ce service public-là, l’intérêt général est de porter secours à toute personne dont la santé est ainsi menacée, quelle que soit sa condition.

Mais le Service Public au concret, c’est, par exemple, aussi cette intoxication alimentaire qui s’est déclarée dans le Nord de la France au mois de juillet dernier et c’est le déclenchement de l’alerte sanitaire par les services ministériels concernés, et, via la traçabilité alimentaire, très rapidement le retrait du commerce des lots de viande potentiellement contaminés par la bactérie. La sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire, c’est le Service Public organisé pour l’intérêt général, en capacité d’y veiller et, en l’imposant, au delà des réticences économiques, de sauver sans doute des vies.

Le Service Public, ce sont aussi des actions banales, moins spectaculaires et vitales que celles dont je viens de parler : la voiture du postier qui s’arrête pour amener le courrier, le professeur qui fait travailler vos enfants ou la puéricultrice à qui vous confiez votre bébé dans la crèche municipale, l’agent de police qui intervient pour faire cesser une rixe, l’infirmière qui vous parle dans votre lit d’hôpital, etc, etc… Tant de visages connus ou inconnus, tant de fonctionnaires dont le métier est d’être au service des autres toute l’année, et parfois 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, parce que l’on considère en France que certaines missions sont permanentes, que certains droits sont universels et qu’il revient donc à la puissance publique de les rendre accessibles à tous.

Alors, bien sûr, tout n’est pas si évident. Vous avez sans doute en tête, et moi aussi, des exemples d’un mauvais accueil reçu, de formulaires compliqués à remplir, de réponses en jargon incompréhensible ou n’arrivant jamais, de frustrations ou de mécontentements devant un service rendu imparfait. Vous avez raison, bien entendu, mais attention à ne pas généraliser, attention à ne pas tomber dans le panneau de la rengaine de « l’anti-fonctionnaire », si facile à entonner.

Car ceux qui sont si prompts à organiser des procès et à dresser des actes d’accusation en règle poursuivent trop souvent d’autres fins qu’ils prennent d’ailleurs grand soin de dissimuler. Car ils sont insatiables pour dénoncer le service des Impôts « qui nous égorge » hurlent-ils, les ultralibéraux qui pensent en réalité cyniquement que la solidarité leur coûte trop cher et que chacun devrait se débrouiller selon ses moyens. Quant aux tenants de l’apartheid social qui ne tolèrent les pauvres, les noirs ou les arabes qu’à distance et bien parqués, soyez sûrs que vous les trouverez au premier rang des pourfendeurs de l’Ecole publique mais, rassurez-vous, ce sera au nom du refus de la baisse de niveau. Le motif est plus policé et avouable, mais pour couvrir un objectif moins reluisant. Et qui fustige ces « services publics érigés en monopoles totalitaires intolérables » sinon ces sociétés privées ou ces financiers qui ragent de voir un marché juteux leur échapper, celui des services vendus à ceux qui peuvent payer et dans des zones accessibles, les autres se débrouilleront, ils ne rapportent pas assez.

J’exagère un peu me direz-vous ? Non ! Dans une société où l’argent prend de plus en plus de place au détriment de l’homme, ils existent bien ces groupes sociaux, ces groupements d’intérêts organisés en lobbys efficaces, habiles à actionner des relais d’opinion ou des réseaux d’influence. Tous ne sont pas aussi cyniques et impitoyables. Certains, par un vieux fonds d’humanité persistant, seraient même prêts à concéder quelques services de charité pour les pauvres. Mais vous sentez bien qu’alors, nous serions dans un autre type de société. Dans cette société-là, la logique du « à chacun selon ses moyens » supplanterait la communauté des citoyens à égalité devant des droits fondamentaux. Et l’inégalité des conditions stratifierait alors la société, rangeant la cohésion sociale au rang des accessoires.

Alors, parce que vous en avez peut-être eu marre un jour de faire la queue pendant 25 minutes au bureau de poste, et que cela vous a fait râler, cela suffit-il à faire de vous un agent égoïste du capitalisme financier ? Non, bien sûr ! Mais ne nous trompons pas d’objectif : s’il est légitime de râler devant un dysfonctionnement, et ça vous est probablement déjà arrivé comme à moi, traquons le dysfonctionnement, bien sûr, mais ne jetons pas le Service Public avec le dysfonctionnement qui nous a irrités !

Car ce qui pose problème, ce n’est pas que la Poste accueille tout le monde, c’est qu’elle ne soit pas mise en capacité de le faire avec un temps d’attente convenable et des conditions d’accueil acceptables ! Ce qui pose problème, ce n’est pas que l’Ecole publique soit ouverte à tous les enfants, c’est qu’elle soit insuffisamment en mesure d’individualiser son action pour que chacun puisse réussir ! Ce qui pose problème, ce n’est pas davantage que la Justice juge tous les citoyens, c’est qu’elle soit incapable de le faire autrement que dans des délais interminables ! Et si l’on attend parfois si longtemps l’infirmière dans son lit d’hôpital, ce n’est pas parce que l’hôpital accueille tous les malades, mais parce qu’avec une seule infirmière dans le service, il est condamné à un service imparfait !

Cet état réel du Service Public en France, ceux qui m’ont précédé dans cette réunion ont commencé à le décrire à travers quelques exemples concrets. Mais, parce que je voudrais maintenant vous en toucher un mot de façon plus générale, je vous avoue que c’est un vrai crève-cœur, alors que je devrais vous parler de ce qui a été pendant si longtemps un des fleurons de notre République, de devoir tout au contraire vous dresser un paysage qui commence désormais à s’apparenter à un champ de ruines.

Certes, le Président de la République avait placé son mandat sous le signe de la rupture mais il faut dire, après 4 ans de son action, que c’est bien, malheureusement, une Fonction publique au bord de la rupture qu’il nous livre. Entendons-nous : mon propos n’est pas, ici, d’intenter des procès politiciens. Mais le constat est terrible. Sans doute a-t-on les tableaux de chasse que l’on peut mais ils ne s’honoreront pas ceux qui revendiqueront comme une victoire cet affaiblissement des Services publics, et encore moins dans le contexte d’une France mise à la peine par la crise, où la souffrance sociale est grandissante, où l’exclusion sociale progresse et les inégalités se creusent comme jamais.

Car ce sont bien évidemment les plus faibles, ceux qui n’ont depuis bien longtemps plus les moyens de s’offrir quoi que ce soit, ce sont ceux-là qui subissent de plein fouet le recul et les défaillances des Services publics. Ceux-là n’ont et n’auront rien pour le compenser ou pour trouver ailleurs ce que les autorités publiques ne feront plus. Et le paradoxe est terrible lorsque c’est celui qui, à la tête de l’Etat, devrait précisément être le promoteur et le défenseur des Services publics, qui s’avère en être le saboteur en chef. Alors, que s’est-il passé ? Comment en est-on arrivé là ? Par la mise en œuvre d’un plan politique, pensé et systématique. Deux grands axes le structuraient :

Le premier s’appelle la révision générale des politiques publiques, plus connues par les initiés par ses initiales, la RGPP. La RGPP, c’est tout simplement une reconfiguration de l’Etat menée autour de trois grands objectifs : restructurer, affaiblir ou diminuer les services rendus, rogner les coûts. Sa mise en œuvre aura emprunté en tous points à la stratégie militaire car on l’aura mené comme on mène une guerre, et, ici, une guerre éclair.

En voici la recette :

1) Choisir délibérément un rythme d’enfer où tout tombe vite et fort, et à jets continus pour provoquer la stupéfaction de ceux que l’on se prépare à assommer. 

2) Enrober le tout d’une campagne de communication massive. On s’appuiera sur elle pour étourdir encore un peu plus par des accumulations de réunions de concertation à marche forcée, où, bien entendu, on ne dira que des bribes et où on ne concerte en réalité sur rien car, il avait été bien établi qu’on ne discuterait de toute façon de rien puisqu’on avait déjà décidé de tout.

Résumons les ingrédients : faites de l’agitation et de la communication à outrance, épuisez vos interlocuteurs, segmentez par tranches pour dissimuler les objectifs réels. Au bout de l’opération en sortira votre objectif réel : un service public reformaté et amaigri, compacté dans sa taille et ses missions.

Attention, et c’est très important : on aura profité de ce remodelage pour soigneusement y introduire des modes de fonctionnement et de gestion qui lui sont étrangers. Ils auront pour fonction d’agir par diffusion progressive jusqu’à parvenir à interférer dans les logiques structurelles du Service public et, à terme, à les modifier en profondeur. Au nom de l’efficacité bien entendu, ces modes de fonctionnement et de gestion seront tous importés du monde de l’entreprise privé : rentabilité, intéressement, mobilité professionnelle et géographique imposée, chiffres et résultats à atteindre…

Entendons-nous, il n’y a lieu ni de diaboliser, ni de porter aux nues tel ou tel fonctionnement, sous prétexte qu’il serait tamponné public ou privé. La question de fond est que, si des fonctionnements diffèrent entre public et privé, c’est tout simplement parce que leurs objectifs ne sont pas les mêmes. Qu’une entreprise privée, dont la finalité est de cibler commercialement une catégorie  précise de clientèle afin de dégager des profits sur un produit précis qu’il s’agira de vendre le plus possible, s’organise en fonction de cet objectif, il n’y a là rien que de très logique. Mais un service public ne poursuit pas le même objectif et donc ne peut pas fonctionner de la même façon ! Lui n’a pas à cibler une catégorie puisque, par nature, c’est à tous les citoyens qu’il s’adresse. Lui n’est pas là pour vendre afin de réaliser le maximum de profit, il est là pour servir, indépendamment de la capacité d’achat de tel ou tel citoyen. Alors, bien sûr qu’il est important que le Service public soit efficace, et j’y reviendrai, bien sûr qu’il est légitime qu’il soit soucieux d’une utilisation rigoureuse des fonds publics, nos impôts à tous, et qu’il recherche si possible la meilleure qualité au moindre coût.

Mais enfin, si l’on comprend qu’une entreprise de cosmétiques fixe à sa force de vente des objectifs chiffrés de vente de savonnettes, où va-ton lorsqu’on se met à demander à la Police Nationale de procéder à l’identique, en fixant  a priori des chiffres d’expulsions ou de procès-verbaux à réaliser ? Et vers quelles pratiques conduit-on ces fonctionnaires lorsqu’on introduit des primes indexées sur la réalisation de ces objectifs ?

Je vous ai parlé du premier axe structurant cette offensive en règle, celui de la RGPP. Le second axe, c’est celui des économies budgétaires, le fameux dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Le dogme, j’utilise le mot à dessein, car c’est bien ainsi qu’il aura été appliqué. Que les effectifs de la Fonction publique puissent varier, il n’y a rien là d’inconvenant : on peut avoir besoin de moins de monde ici parce que la population a diminué, mais peut-être de plus si la population a augmenté. Certaines tâches peuvent aussi nécessiter moins de monde avec l’utilisation des nouvelles technologies ou encore grâce à une meilleure organisation, mais admettons aussi que de nouvelles missions peuvent aussi apparaître qui demanderont des effectifs nouveaux pour les réaliser. Enfin, le budget de la Nation n’est pas lui-même un puits sans fonds et la conjoncture peut être très difficile, comme c’est le cas aujourd’hui. Tout cela est facile à comprendre pour les citoyens et les salariés. Mais dans ce mandat présidentiel de 5 ans, où, sur les un peu plus de 300 000 départs de fonctionnaires d’Etat en retraite, on aura supprimé, selon les lois de Finances, 162 520 emplois, ce n’est pas ce qui a été fait. Le point de départ de toute politique aura été un a priori d’économies. Qu’importent les missions, qu’importent les variations démographiques : a priori et indistinctement, un poste de retraitable sur deux devait passer à la trappe.

On nous parle de montée de l’insécurité ? Qu’à cela ne tienne, on supprimera des postes de policiers. Les effectifs d’élèves à accueillir sont plus nombreux, dans le primaire comme dans le secondaire ? Qu’importe, ce sera un sur deux de supprimé : on devra faire avec moins d’enseignants pour plus d’élèves.

Alors, les économies à tout crin, on a compris. Mais comment va-t-on faire pour faire face et remplir les missions ? La question n’est pas posée, ce qui compte, c’est le « un sur deux » aveugle. C’est ainsi que, depuis quatre ans, a priori et par principe, on coupe, on tranche, on ampute et, ensuite, à chaque administration de faire comme elle pourra. Que les citoyens en souffrent, que les agents publics se retrouvent placés dans les pires conditions de travail, qu’ils y perdent leur motivation professionnelle et, parfois, leur santé lorsqu’ils n’en peuvent plus d’être placés dans des situations professionnelles ingérables, que certains, parce que c’est une violence qui peut être terrible que de ne plus pouvoir faire son métier, de ne plus savoir à quoi on sert, en viennent à porter atteinte à leur vie, et je pense à ces suicides terribles sur les lieux de travail que l’on a malheureusement vus parmi des surveillants de prison, des policiers, des agents du ministère du travail, ou encore des agents de l’ONF. Tout cela est cyniquement rangé au rang des dégâts collatéraux. Eh bien, pas pour nous à l’UNSA, pas pour nous parce que nous ne pouvons évidemment tolérer que les chiffres prennent le pas sur l’humain !

Ce credo imbécile et borné d’économies automatiques et a priori est à l’inverse d’une politique de service public dont l’objectif est d’abord de remplir des missions pour les citoyens. Je voudrais dire ici, au nom de l’UNSA, qu’il faut arrêter cette machine infernale et rétablir enfin la logique républicaine. Discutons des missions, disons ce que l’on doit faire, établissons peut-être des priorités si l’on ne peut pas tout faire, car tout le monde sait bien  que le budget public n’est évidemment pas un puits sans fond, encore moins en période de vaches maigres. Mais ayons cette discussion préalable avant d’attribuer les moyens disponibles autour de ces choix.

Je voudrais le dire ici avec force : le Service public, la Fonction publique ne sont pas d’abord un coût. Ils traduisent d’abord un choix fondamental de société, une volonté d’y vivre ensemble, d’y mettre à égalité des citoyens, à commencer par les plus démunis. Et si ce choix a évidemment un coût, qu’il faut regarder en face, c’est aussi un choix qui apporte un bénéfice à la société car attention à une France éclatée où ce qui fait encore le lien entre tous n’existerait plus. Mais c’est également, et ne l’oublions pas, un choix qui rapporte à l’économie, à la croissance car la Santé, l’Education, la Sécurité sont des facteurs fondamentaux de la compétitivité économique et du développement.

Ces questions sont, pour l’UNSA, des questions décisives. Elles nourrissent notre ambition pour le Service public. Car on ne peut prétendre défendre un Service Public qui ne serait pas un Service Public efficace. A l’UNSA, nous ne pensons pas que l’organisation et les missions des différents Services Publics seraient, a priori, intangibles et gravées dans le marbre pour toujours. Pour nous, elles peuvent et, souvent, elles doivent évoluer parce que c’est dans la nature-même du Service public.

Car enfin, revenons au fond des choses. Qu’est-ce qui fonde le Service public et la Fonction publique ? C’est d’abord qu’ils sont conçus pour servir l’intérêt général dans des domaines où se jouent la souveraineté de la puissance publique et l’égalité des citoyens devant des droits fondamentaux. Ce sont ces missions fondamentales que, dans l’intérêt de tous, il nous faut préserver.

Il s’agit donc toujours, en 2011 comme en 1946, date de naissance du statut général de la Fonction publique, de garantir la souveraineté de la puissance publique et les droits fondamentaux des citoyens. Mais cette garantie ne peut pas se faire en 2011 comme elle se faisait en 1946. Tout simplement parce que, depuis, la société a considérablement changé, les aspirations de nos concitoyens ont bougé, les modes de vie, les techniques, les moyens d’information et de communication aussi. Il est donc indispensable, pour l’UNSA, que les Services Publics, et la Fonction publique avec eux, s’adaptent et évoluent, voire anticipent dans cette société mondialisée aux mutations accélérées dans laquelle nous vivons.

Prenons quelques exemples concrets. A l’heure de l’internet et du téléphone portable qui ont relégué les télégrammes au rang de pièces de musée, il ne serait évidemment venu à personne l’idée de demander que La Poste reste le service des Postes et Télégraphes et il ne nous effleurerait pas davantage l’esprit de demander à ce qu’elle le redevienne aujourd’hui. Par contre, précisément parce que nous sommes à l’heure de l’électronique et de la haute technologie, il est indispensable, pour prendre un autre exemple, que les services de Police soient totalement en capacité d’utiliser eux aussi ces moyens modernes dans leur travail d’investigation, dans le respect des libertés individuelles.

Bref, je pourrais prendre encore quantité d’autres exemples mais vous avez compris ce que je veux expliciter: le mode de fonctionnement et d’organisation, les outils, les métiers de la Fonction publique eux-mêmes doivent pouvoir évoluer avec leur temps si l’on veut que les Services publics continuent bien à remplir les missions qui leur sont confiées par la puissance publique. Sans quoi on pourra toujours, bien sûr, rabâcher de beaux principes, mais ces principes ne vaudront rien s’ils ne sont pas déclinés concrètement dans la réalité d’aujourd’hui, vécue par les salariés et, plus généralement, par tous nos concitoyens.

Je le dis donc ici avec force : à l’UNSA, notre conception réformiste du syndicalisme, c’est de revendiquer ces évolutions, ces adaptations, précisément parce que nous avons le Service public au cœur, avec ses valeurs et ses missions fondamentales, et qu’il n’est d’autre voie efficace pour le défendre et le promouvoir.

Bien évidemment, pour une organisation syndicale comme l’UNSA, ces évolutions doivent être anticipées et négociées, ce qui suppose de ne pas oublier les fonctionnaires qui font la chair du Service public et auxquels il faut accorder formation, rémunération, conditions de travail, considération, en liaison avec le niveau d’exigence grandissant de la Nation à leur égard. C’est un combat de tous les jours que mènent opiniâtrement nos syndicats et nos fédérations UNSA des différents secteurs de la Fonction publique, et je voudrais les saluer ici, c’est un combat central aussi pour notre fédération de la Fonction publique, l’UNSA Fonction publique, qui s’efforce de négocier et d’avancer sur les grands dossiers.

Mais, je voudrais devant vous insister sur cette question de la stratégie à mettre en œuvre pour défendre les Services publics, car elle est fondamentale.

On peut très facilement, et encore plus à la veille d’élections générales de représentativité dans la Fonction publique, vous le savez elles se tiendront le 20 octobre, tenir un discours syndical autocentré sur les fonctionnaires. On peut leur dire combien ils sont maltraités, combien ils devraient être mieux payés, combien il faudrait améliorer leurs conditions de travail, combien il faudrait stopper les suppressions d’emplois, etc, etc…

Il faut le faire, bien entendu, et l’UNSA s’y emploie, mais la clé de l’efficacité pour défendre le Service public gravement menacé aujourd’hui n’est pas dans des fonctionnaires se parlant entre eux de leurs propres problèmes. Tout simplement parce que le Service public n’a pas été fait pour les fonctionnaires mais pour les citoyens et que si ces derniers ne souhaitent pas de mal aux fonctionnaires, bien sûr, c’est avant tout le service rendu, la valeur ajoutée à la société par le Service public, qu’ils jugent en premier lieu et c’est ce qui fait qu’ils le défendront ou non.

Alors, mobiliser les fonctionnaires et agents publics, oui, bien sûr, mais pas sur un corporatisme qui les isolerait entre eux, cet isolement que le gouvernement recherche lorsqu’il tente, par exemple, de prendre à témoin démagogiquement l’opinion publique contre des fonctionnaires accusés de tous les maux. C’est par exemple ce à quoi le Président de la République a encore cédé ces jours-ci, alors qu’il visitait l’usine de biocarburants Sofiproteol, dans l’Oise, le 27 septembre, jour de grève des personnels de l’Education. Je le cite : « Je sais bien qu’aujourd’hui il y a des contestations – il parlait de la journée d’action dans l’Education -, c’est normal dans une démocratie, mais les emplois en cause, ce ne sont pas les emplois de la Fonction publique, c’est les emplois de l’industrie, de l’entreprise, c’est ceux qui sont exposés à la concurrence. (…) Mon devoir de chef de l’Etat est d’abord de penser aux ouvriers, aux salariés et aux cadres qui sont lancés dans la compétition internationale et qui ont besoin du soutien de l’Etat. (…) Les fonctionnaires ont un travail difficile mais ont un statut qui les protège. Vous, vous êtes exposés » a-t-il rajouté en direction des salariés de l’usine. Tout est dit dans ces quelques phrases, et du fond, et de la tactique. Le fond tout d’abord : lorsque l’on parle de la concurrence et donc de la compétitivité, qui se joue, désormais, dans un cadre international largement mondialisé, ne pas comprendre que la formation et l’Education sont un des atouts clés pour la France et pour l’Europe est proprement navrant. Car la qualification, la technicité, l’innovation y sont directement reliés, et donc aussi l’emploi, et aussi, n’en déplaise au Président de la République, les emplois de l’industrie, de l’entreprise exposés à la concurrence. Construire l’économie de la connaissance : c’était une grande ambition affichée par l’Europe à Lisbonne. Faire des économies sur la connaissance, c’est ce à quoi le Président de la République nous convie désormais : en fait d’ambition, c’est non seulement plus rabougrie et du niveau du 5ème sous-sol, mais c’est surtout une faute économique profonde qui va contre l’emploi. Quant à la tactique que tout cela exprime, elle est limpide : il s’agit de diviser les salariés entre eux pour les opposer entre eux. Privé contre public, citoyens contre fonctionnaires, la corde, que dis-je, le câble est gros, énorme. Le Président de la République n’y a sans doute pas pensé, mais il devait bien y avoir des parents d’élèves parmi les salariés de l’usine auxquels il s’adressait : en quoi le fait de menacer l’avenir de leurs enfants en dégradant leurs conditions d’étude améliore-t-il d’un pouce leur propre emploi ? Et quant aux fameux emplois protégés des fonctionnaires, c’est oublier ce qui va avec, ce pourquoi a été institué le statut de la Fonction publique : c’est la permanence de la mission qui leur correspond parce que cette mission relève de l’intérêt général. Qu’est-ce que cela veut dire l’intérêt général ?  Eh bien, dans le cas d’espèce, cela veut dire que l’intérêt supérieur de la Nation est que chaque citoyen ait droit à l’Education et soit donc mis à égalité d’accès à ce droit. Et, dès lors que l’Education est un droit universel, eh bien alors cela veut dire que l’on garantit à tout citoyen que le système éducatif ne mettra pas la clé sous la porte, en clair que la scolarité de votre enfant ne risquera pas de s’interrompre tout d’un coup, et puis, plus rien, à la fin de son CM 1 ou pendant sa 4ème ou sa terminale. Pourquoi s’interromprait-elle ? Parce que par exemple, tout d’un coup, ses enseignants auraient décidé d’aller voir ailleurs et de s’y faire embaucher. Non, les enseignants, précisément parce qu’ils sont fonctionnaires et ont un statut, ne peuvent pas le faire car leur statut les contraint et leur fait obligation de servir. Le statut de la Fonction publique, c’est aussi cela, des contraintes imposées pour assurer la continuité du service, en tout temps et en tout lieu de la République.  Mais une autre cause d’interruption brutale de la scolarité de votre enfant, cela pourrait être, eh bien comme cela est arrivé à Moulinex il y a quelques années, ou à Continental ou à Molex, ou, hélas, à quantité d’autres entreprises, la faillite, la fermeture pure et simple pour cause de rentabilité, pour cause de marché. Eh bien cela n’arrivera pas, précisément parce qu’on a décidé de mettre l’Education, mais je pourrais dire aussi la sécurité publique, la défense nationale, la sécurité alimentaire, la Santé publique, etc…, hors du marché, c’est-à-dire d’en faire un Service Public à statut. Et l’un s’oppose-t-il à l’autre ? Pas du tout, et j’ai envie de dire, pas du tout monsieur le Président de la République ! Dans notre économie de marché, les deux peuvent se compléter en combinant l’initiative privée et des droits garantis à tous. C’est d’ailleurs sans doute là que réside la clé de la régulation qu’il nous faut rechercher. 

Ce lien entre Service public et citoyens, voila le lien fondamental sur lequel il nous faut agir et je dis ici, très clairement, au nom de l’UNSA, que l’efficacité du combat syndical est de ce côté. Car le jour où il n’y aura plus que les fonctionnaires pour défendre le Service public, le jour où les citoyens, qui sont aussi les contribuables qui financent le Service public, s’en détourneront, ce jour-là, la bataille aura été définitivement perdue. Cette voie, c’est celle que vous propose l’UNSA, celle qu’elle met en œuvre, celle où l’on défend, bien sûr, mais celle où l’on propose, celle où l’on défend les intérêts des agents publics, évidemment, car ils y ont droit comme tout salarié, mais celle où l’on revendique aussi une conception d’un service public efficace et adapté aux besoins des citoyens et de la société. Et, puisque je parlais d’élections générales de représentativité du mois d’octobre, c’est cette voie syndicale-là que nous défendrons résolument devant tous les agents publics à cette occasion, comme je la défends aujourd’hui devant l’ensemble des salariés et l’opinion.

Mais tenir ce discours, c’est parler dans un contexte extrêmement complexe et difficile. Une crise financière et économique terrible a ravagé la planète en 2008-2009, et, depuis, tout le monde sent bien que nous continuons encore à en subir les soubresauts. L’activité économique reste atone, notamment, pour notre pays, avec une croissance nulle au 2nd trimestre de cette année, une courbe du chômage à la hausse pour le troisième mois consécutif, et, dans ce contexte déprimé, un surendettement de l’Etat qui s’alourdit de façon mécanique.

L’UNSA ne fait pas partie des organisations qui nient les réalités. C’est notre rôle que de les affronter, aussi désagréables et aussi difficiles soient-elles, tout simplement parce qu’elles concernent les salariés que nous représentons, et qu’elles sont porteuses de répercussions qui peuvent être très graves dans leur travail et dans leur vie quotidienne. Il faut donc impulser des axes forts de réponse, et encore plus lorsque les marchés financiers font des hésitations et des doutes un objet de spéculation qui aggrave encore la situation. La seule austérité, c’est-à-dire, en bon français, le seul serrage de ceinture, n’est pas la réponse adéquate dont nous avons besoin. Tout simplement parce qu’en contractant la consommation et les investissements, elle risque d’étouffer toute reprise économique, et donc de tarir les entrées fiscales qui y sont liées, ce qui creusera d’autant le déficit. Le dramatique contrexemple de la Grèce est là pour nous le rappeler : l’hyper austérité, avec son cortège de souffrances sociales accrues pour les plus démunis, y a plongé le pays dans une récession économique si grave qu’elle creuse encore plus le gouffre de sa dette.

Il n’en reste pas moins que désendetter l’Etat est une nécessité incontournable mais, pour l’UNSA, cela passe par une combinaison de mesures : des économies, oui, mais de nouvelles rentrées d’argent aussi. Cela représente sans aucun doute des efforts, mais encore faut-il que ces efforts soient justes et équitablement répartis et pas effectués principalement par les salariés et les ménages comme le plan gouvernemental le prévoit. Mais ce désendettement doit être impérativement accolé à une politique de relance de l’activité économique, soutenant l’emploi et respectant les objectifs de développement durable.

Pourquoi est-ce que je vous parle de ce dossier, dont je vous rappelle qu’il sera évidemment au cœur de l’action nationale interprofessionnelle du 11 octobre prochain ? Que viennent faire dans tout cela les services publics et la Fonction publique ? Si j’en parle, c’est parce qu’ils sont très largement au cœur des débats, pour le gouvernement mais, au-delà, pour une partie du patronat mais aussi de l’opinion publique, à cause de leur coût, au point de symboliser à eux-seuls la dépense publique. Il faut donc y revenir.

J’observerai tout d’abord que cette accusation portant sur la Fonction publique et les Services Publics n’est pas, en règle générale, dictée par un seul souci d’économie. Pour beaucoup de ceux qui la portent, la question budgétaire est en fait venue opportunément à l’appui d’une thèse qu’ils professaient depuis longtemps, qui traduit une conception particulière de l’économie et de la société. Cette thèse, que l’on peut qualifier d’inspiration néolibérale, veut que l’économie souffrirait d’un surplus d’Etat et de systèmes collectifs solidaires, lequel viendrait littéralement écraser les entreprises. Il conviendrait donc de les en libérer pour que, allégées de ce fardeau insoutenable, elles s’épanouissent naturellement et que, le libre marché aidant, la croissance coule librement. Je dois à la vérité de reconnaître que les tenants de ces thèses n’osent plus guère les exposer aussi crûment, notamment parce que la crise de 2008-2009 a montré comment le capitalisme financier, totalement libre et affranchi de toute contrainte, est le premier responsable de la plus grande crise financière et économique que le monde moderne ait jamais connue. Mais enfin, si la discrétion les a gagnés, leurs convictions restent établies et, ajoutées à la force d’inertie, ajoutées aux très nombreux et très puissants lobbys qui agissent par tous les canaux et à tous les échelons, ils ne sont sans doute pas pour rien dans la faiblesse de la régulation des marchés et des capitaux, que beaucoup nous avaient promis dans le mois qui ont suivi ce cataclysme, mais qui peine tant à voir le jour, laissant ouvert le risque, comme on le voit aujourd’hui, d’une rechute profonde car les mêmes causes, non traitées, peuvent toujours finir par produire les mêmes effets.

Alors, débarrassons-nous de ces approches doctrinaires, mais n’esquivons pas la question : les services publics,  coût insupportable ou non? Regardons-le objectivement. Au nom de la réduction des coûts, 162 520 emplois devraient avoir disparu de la Fonction publique d’Etat sur la période 2007-2012. Souvenez-vous : le gouvernement avait annoncé que, sur ces économies, la moitié irait à la réduction des déficits, l’autre moitié viendrait abonder les rémunérations des fonctionnaires restant, une minorité d’entre eux en réalité.

Bref, mais à quelle économie réelle a-t-on abouti avec tout cela ? La Cour des Comptes nous le dit à partir d’une étude qu’elle a réalisée sur l’année dernière : 264 millions d’Euros en 2010. Certes, je suppose que, pour vous comme pour moi, 264 millions, rapporté à votre salaire mensuel, ça fait beaucoup… Mais il faut le rapporter à d’autres ordres de grandeur, notamment le montant du déficit global de l’Etat de cette même année 2010, puisque c’est pour réduire le déficit que tout cela a été entrepris nous dit-on. Ce déficit s’élevait à 136 milliards d’Euros. 264 millions d’Euros sur 136 milliards d’Euros, ce n’est pas 10 % du déficit, ce n’est pas 1% du déficit, c’est… 0,19 % du déficit annuel ! 5 ans d’affaiblissement et de déstructuration des services publics, 5 ans de dégradation des services rendus aux citoyens sur des droits qui sont, pour eux, fondamentaux pour… 0,19 % de réduction du déficit annuel !!!

Alors, vous me direz, 0,19 %, certes…, mais, après tout, il n’y a pas de petites économies. J’en suis d’accord, et encore plus lorsqu’il s’agit d’argent public, c’est-à-dire de notre argent à tous. Mais cela nous renvoie à la nature des choix politiques qui ont été faits. Je m’explique en prenant un exemple : le gouvernement, vous le savez, a décidé d’alléger la TVA sur la restauration. Il y a beaucoup de discussions pour apprécier les effets réels de cette décision, notamment sur l’emploi, et savoir à qui elle profite. Toujours est-il que cette mesure a un coût pour l’Etat, donc pour nous tous, puisqu’elle l’a privé d’une forte entrée d’argent dans ses caisses. Je ne peux mieux faire que de citer ce qu’en a dit le Président de la Cour des Comptes, Didier Migaud, devant l’Assemblée Nationale qui l’auditionnait le 22 juin dernier :  « Le coût de la baisse de la TVA sur la restauration équivaut budgétairement aux économies permises par le non remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la Fonction publique d’Etat pendant huit ans ».

Et en quoi serait-il légitime, pour aboutir à une économie minime, de mettre en danger des services publics qui profitent à tous alors que, parallèlement, on dépense 8 fois plus pour des mesures dont le bénéfice pour les restaurateurs est certain mais celui pour la collectivité plutôt douteux ? 

J’aurais pu prendre encore d’autres exemples mais celui-ci illustre bien à quel type de choix nous sommes confrontés et, en matière d’économies à réaliser, que des gisements existent ailleurs que dans les champs qui bénéficient à tous. Nous ne pensons pas à l’UNSA qu’il serait illégitime que l’Etat soutienne de façon volontariste l’activité économique et, au contraire, nous le revendiquons dès lors qu’on pourrait concrètement soutenir l’emploi. Mais le clientélisme au bénéfice de quelques-uns contre des choix opérés au service de tous, nous n’en voulons pas, nous n’en voulons plus !

Alors, vous l’avez compris, en nous réunissant aujourd’hui sur la thématique des services publics, l’UNSA a voulu mettre en avant sa volonté de mettre un terme à la casse dont ils sont l’objet.

Oui, il faut stopper la politique aveugle de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui saigne la Fonction publique et dégrade sa qualité !

Oui, il faut arrêter une RGPP qui la déstabilise profondément et fait souffrir ses agents au lieu de les conforter !

Oui, il faut, tout au contraire, restaurer les Services Publics et la Fonction publique qui les sert, des Services Publics modernes en phase avec les besoins de notre société de ce début de XXIème siècle  et de ses citoyens !

Oui, il faut renforcer la cohésion sociale, renouer le lien social entre tous les citoyens car ils sont aussi les atouts humains qui peuvent nourrir le dynamisme et la volonté sans lesquels, même en économie, tout projet est promis à l’échec !

L’UNSA, avec ses fédérations et ses syndicats, vous appelle, salariés de tous secteurs, du Public comme du Privé, à vous mobiliser pour défendre et promouvoir ces services publics qui sont notre bien commun. Je veux voir dans votre présence un signal que cette mobilisation est enclenchée et va encore se développer.

Nous l’avons fait ensemble, autour de l’Ecole et du Service Public d’Education, le 27 septembre. Nous le ferons face à la crise, le 11 octobre, pour réclamer un autre plan que le plan d’austérité préconisé par le gouvernement. Les fonctionnaires et agents publics le feront, à l’Etat et à l’Hospitalière, en votant et en faisant voter massivement, jusqu’au 20 octobre, pour les listes déposées par l’UNSA ! Et des listes, nous en avons déposées plus nombreuses et mieux réparties que les années précédentes puisque de l’ordre de 8 000 agents publics et fonctionnaires ont accepté de porter leur candidature sur les listes UNSA dans tous les secteurs de la Fonction publique à l’Hospitalière, dans la Justice, dans l’Education, dans l’Agriculture, à la Défense Nationale, au Développement durable, au ministère du Travail, à l’Emploi-Solidarité, aux Finances, à la Poste, à France Télécom, à la Caisse des Dépôts, à la CNIL et dans de très nombreux établissements publics encore.

Alors, oui, à l’UNSA, nous avons le Service public au cœur, parce que nous croyons à une société démocratique et aux valeurs de la République !

Oui, à l’UNSA, nous avons le Service public au cœur, parce que nous pensons que tous les salariés, et au-delà, tous les citoyens, ont intérêt à posséder ce service qui les met à égalité de droits, qui les aide et qui les relie !

Oui, à l’UNSA, si nous vous demandons de nous donner de la force par votre soutien, votre action, votre vote, c’est pour pousser un projet qui en vaut la peine car il a du sens et nous concerne tous !    

Merci à vous de votre présence, merci à vous de votre attention et, parce que ce combat nécessite constance, vigilance et mobilisation, je ne peux que vous dire : à bientôt

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